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Claude, vétérinaire sans frontières
Oiseaux de proie
(Mini-quizz)
Aussi liens vers des extraits des romans
La Route de Parramatta
L’ÉTINCELLE

En rédigeant ma thèse de doctorat, je me suis rendu compte que tous les ouvrages qui traitaient de la Rébellion de 1837 se terminaient de la même façon. Après avoir mentionné les combats, les arrestations, les pendaisons, les auteurs concluaient ainsi : «… et cinquante-huit patriotes furent déportés en Australie».
Curieuse, j’ai voulu savoir ce qui était arrivé à ces hommes, pourquoi on les avait envoyés au bout du monde et comment ils avaient vécu cette déportation. J’ai donc décidé de suivre leurs traces sur la route de Parramatta.

L’HISTOIRE

Lorsqu’ils ont décidé de prendre les armes et de joindre les rangs des patriotes, les héros de ce roman n’auraient pu imaginer où cette aventure les mènerait. Trois hommes, trois passés, un même destin : Désiré, le jeune artisan fuyant un père ivrogne et violent; Étienne, le paysan amoureux de sa terre; Hippolyte, le notaire engagé.
Arrêtés, emprisonnés, puis déportés en Australie par les autorités britanniques, ces hommes, ainsi que leurs compagnons d’infortune, survivront par miracle à la longue traversée et à leur vie de forçats dans le camp de travail de Longbottom. Ils connaîtront la peur et la faim, l’espoir et l’amertume, se réfugieront dans les souvenirs et les amours de passage, sans jamais perdre de vue le rêve ultime : revenir au pays.

L’EXTRAIT

Aux premières loges, près d’Hippolyte, Étienne frissonne de bonheur, un grand bonheur, incompréhensible dans les circonstances, mais ancré solidement au plus profond de lui, là où personne ne pourra jamais l’atteindre. Un bonheur qui n’a rien à voir avec les lieux ni avec la douceur de l’air, mais qui s’appuie sur une certitude. Un moment, dans l’obscurité et la puanteur de la cale, au chevet d’Hippolyte, le jeune homme a douté de la vie. Il n’en saisissait plus le sens. Harcelé par la vermine, son esprit morcelé ne comprenait plus. Aujourd’hui, près de son compagnon qui se remet lentement de sa maladie, les fragments épars reprennent leur place, se reconnaissent. Étienne se sent unifié; le passé et l’avenir se soudent au présent et il se retrouve tel qu’en lui-même, à la fois unique et multiple. Il est lui et les autres; son bonheur embrasse ces hommes et ces femmes qui déambulent dans le port de Rio, les soldats, les marins, ses compagnons. Tous, il les entend rire dans son ventre comme il ressent leurs souffrances. Il les porte en lui, et voudrait-il faire autrement, se délester de ce poids, il en serait incapable. C’est par eux, grâce à eux, qu’il arrivera à survivre. Et cette certitude, il voudrait la partager. Avec le grand Chèvrefils aux yeux agrandis par la faim, une faim qui le dévore, insatiable. Avec Joseph Marceau qui pleure encore sa belle Émilie. Il voudrait se joindre à François-Xavier Prieur pour une neuvaine, pleurer des nuits entières avec Louis Dumouchelle et apaiser la hargne grandissante de son frère Joson. La même hargne chez Bourdon et Languedoc.
Ceux-là et tous les autres, Étienne les sent en lui. Leur sang coule dans ses veines comme le sang de son propre frère; sa force leur appartient. Et cette certitude le rassure, le rend disponible au bonheur qui éclate en mille petits riens.
Louise Simard
   romancière
ROMANS
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