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L’ÉTINCELLE

C’est en lisant sur l’histoire des Noirs en Amérique que j’ai découvert le sort réservé aux esclaves loyalistes lors de la guerre de l’Indépendance américaine.


L’HISTOIRE

1781. La guerre de l’Indépendance américaine fait rage depuis six longues années. Les Britanniques, se sentant de plus en plus menacés par les insurgés, tentent de rallier les esclaves à leur cause. Si vous fuyez vos maîtres et joignez nos rangs, lancent-ils aux esclaves noirs, nous vous promettons la liberté.
Comment résister à une telle offre?
Isaac et Sarah, esclaves à Mobile, décident de tenter leur chance. Ils veulent croire à cette promesse. Ils fuient donc leur maître et rejoignent l’armée britannique. Chacun à leur façon, ils se battront pour s’affranchir d’un destin tracé par d’autres.
Mais que vaut une promesse de Blancs? Des bas-fonds de New York aux grèves rocailleuses de la Nouvelle-Écosse, confrontés aux rebelles, aux hivers rigoureux et aux sécheresses interminables, ils l’apprendront à leurs dépens.


L’EXTRAIT

Un à un, les réfugiés à bout de résistance s’abandonnent sporadiquement au sommeil. Sarah apprécie cette quiétude précaire, comme une rémission. Longtemps elle veille, écoutant les bruits, se familiarisant avec ce nouvel environnement dans lequel elle aimerait se dissoudre. Elle cherche l’harmonie, le point d’ancrage qui marque l’appartenance. La jeune femme désire un lieu sûr dont elle serait la maîtresse, et sa quête la conduit tout naturellement dans les bras d'Isaac, endormi à ses côtés. Elle insiste, force son sommeil, et le jeune homme l’accueille au creux de son épaule avant de se rendormir profondément.
Tard dans la nuit, la tête tout ensommeillée, Sarah croit entendre les sabots d’un cheval frapper la terre battue du chemin. Non, elle ne rêve pas. Un des fers est trop lâche; il claque à intervalles réguliers, tel un battement de cœur, et le son s’emmêle au grincement des roues. L’attelage pénètre en trombe dans la cour.
La jeune femme souhaiterait se rendormir. Peut-être succombe-t-elle à une forme de torpeur, elle ne saurait le dire, mais elle entend par intermittence les soupirs et les grognements de ses compagnons qui se réveillent les uns après les autres. Quand le plus courageux entrouvre enfin la porte, une lumière rosée balaie le sol dans un faisceau de poussière.
Les esclaves épuisés ont dormi jusqu’au petit matin, et personne n’est venu les réveiller. Eux-mêmes s’étonnent de ce sommeil pesant dont ils n’ont guère l’habitude, et ils peinent à refaire surface, prennent leur temps, profitent de ces moments de félicité.
Leur extase ne dure pas. La porte s’ouvre d’un coup et une ombre géante se découpe dans le contre-jour. En quelques secondes, la petite troupe est debout, sur un pied d’alerte.
L’ombre avance d’un pas. Les esclaves se serrent les coudes.
Au loin, un grand corbeau lance son chant guttural.
Louise Simard
   romancière
ROMANS
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